5.3.11
Orient
28.4.10
Larmes
21.4.10
Fabulations
Le rouge contre ma gorge, c'est comme tes doigts, tes ongles contre ma peau, qui descendent le long de ma trachée et qui coulent dans mes veines encore et encore. Je n'ai pas besoin de toi, mais je suis enivrée par ton contact. Je veux entendre ta voix, je veux boire les sons que tu pousses alors que ma langue se déchaîne, alors que ma voix se mêle à la tienne.
C'est ton baiser dans la rue humide, ce sont tes mains sur ma poitrine et le regard aveugle que tu diriges vers moi et moi qui te vois descendre sur moi, partout sur moi.
Explose mon corps, fais-le vibrer et résonner selon les rythmes de nos souvenirs, souviens-moi, souviens-toi de nos jours mélancoliques et oubliés. Je veux voir tes yeux parmi la fumée, comme jamais je n'ai osé te voir, comme je ne saurai jamais apprendre de mes visions.
Je m'endors lourdement, comme un songe oublié devant mes yeux, la nuit achève mes paroles et s'envolent, s'envolent les mots interdits.
13.4.10
Prunelle
1.4.10
Je t'appartiens
30.3.10
Draps au soleil
3.2.10
Here comes your man
Chaque moment, chaque appel - elle ne fait que jouer avec les instants, ceux qui pourraient tout chambouler ou alors tout provoquer. Un sourire, une dispute, une hésitation. Qu'est-ce qui nous arrive? Hier encore, la nostalgie romantique, le rouge et le jaune des moments passés, mais c'est toujours et encore le futur qui nous attend avec ses rages, ses couleurs fanées et sa musique désarmante. Avons-nous changé, sommes-nous les mêmes et comment survivons-nous à la vie qui passe et qui parfois nous oublie.
Nous nous oublions. Les rires et l'amour au matin, plus jamais les mêmes moments, malgré tout les souvenirs qui semblent tenir du destin. Coïncidence. Plus jamais les mêmes et nous le savons.
C'est écrit dans tes yeux, c'est dans mes larmes et mes cris - toujours l'amour vient nous prendre ou nous surprendre et c'est à nouveau le premier jour sans toutefois parvenir à oublier les millions d'autres qui meurent à chaque instant. Rien n'est recommencement et tout est neuf et beau et le destin ne fait pas toujours bien les choses.
Je ne suis pas celle que tu crois.
27.7.09
Aube
C'est impalpable mais réel, jamais d'aussi beau moment qu'avec l'aube.
13.5.09
Rubis
Je ne sais plus le jour où elle m'a quittée, mais j'en rêve encore. De cette nuit où le couvercle s'est abaissé. Où les notes n'en finissaient plus de s'allonger dans l'ombre de la lune, et où les larmes semblaient bien muettes face à la musique. Les doigts faits d'os et de poussière. La tête en tonnerre et le coeur bien au-delà de la raison.
Les notes se sont envolées. Et puis la lune est devenue noire, et puis la lune est devenue blanche.
25.4.09
Poussière
Les pieds au même endroit, la tête beaucoup plus loin - sans trop savoir ce qui souffle en cette direction, je reprends les choses malgré tout. Aucune remise en question, l'amant heureux, certes, n'empêche... ce n'est rien, de près ou de loin, qui est précisé ou confus, rien vraiment.
Seulement le coeur en fête et la tête en relais.
22.4.09
Il fut un temps... je ne me souviens plus trop bien
Je viens d'ouvrir les yeux. Les siestes au soleil, le soleil d'automne, avec la brise fraîche et la laine sur les épaules - il a fallu que je rêve à toi.
J'ai senti ma poitrine venir se coller contre ton dos, chaud, solide, et j'y étais petite, froide. Tes mains qui sont venues se refermer sur moi, alors que mes lèvres trouvaient ton épaule, et ça y était. Si tu y avait été, tu aurais aperçu mon sourire parmi ta peau. Et je n'y vois aucun mal.
Quelques années... quelques années et pourtant, alors que ce matin, alors que ton torse s'est posé contre mon dos, il y a eu ce vent d'automne autour de nous, et le soleil, et les siestes de septembre qui ont éclairé mon regard un instant, un court vertige, puis tu m'as prise par la main et tu m'as souri.
Oui.
Malgré tout et bien malgré toi, j'ai envie de ces mains et de ces lèvres, le printemps parmi les couleurs, oui.
22.11.08
C'est la nuit
T'es ma lune absente, et les nuages soufflent les doux flocons qui tomberont sur ta tête - je scrute le ciel froid à la recherche de la couleur de tes yeux. Ils ne sont pas là-haut, ni devant les miens, seulement ils le seront dans mes rêves fous, ceux de te retrouver à l'aube, ceux de te tenir contre mon corps qui refroidit.
Tu me manques.
Mon Nord, ma Flamme, mon Ennui.
Je t'aime à la folie.
14.9.08
La marche
13.9.08
Mon petit bonheur
Le bonheur, on l’a envoyé voir ailleurs.
Je joue avec mes orteils, je démêle mes cheveux, je frotte mes yeux. J’explore mon petit moi, mon petit trouble encore tout ensommeillé. Je baigne dans la brume ambiante, celle que je crée par mes mensonges, mes maladresses, mes illusions ; petite princesse abandonnée de plein gré. Je me vautre dans mes questions immenses, et je fais la moue, impatiente, mécontente de ne pas arriver à tirer la langue à tout mes méandres. Tourner le dos serait trop facile. Encore une fois.
C’est tellement plus beau de se saigner soi-même. Il faut parfois savoir se faire violence. Doucement. Sans étincelles. Je m’ouvre avec peine, je rigole de me sentir si déchirée, si vulnérable. Face à moi-même. À l’intérieur, tout à l’intérieur, la blessure profonde. J’ai les larmes sèches, j’ai les sanglots muets ; faut que je me sorte de là. Que je sorte de mes barricades, que je soulève les couvertures, si chaudes, si douces, que je mettes le pied enfin dehors. Enfin au grand air. Celui qui assomme, celui qui gèle, celui qui pardonne. Le grand vent froid du Nord.
Je me chiffonne, ça pèse, ça m’engourdit. Je cligne des yeux, les paupières lourdes et gonflées, la lumière crue contre les murs de mon château. Tout y éclate d’impureté, partout, des taches mensongères et des chimères barbouillées.
Rien de moi, si peu de toi. Plus rien, alors. De nous.
Les draps, plus jamais blancs, m’enveloppant, plus jamais sauve. Il faut je que le dise, il faut que je l’écrive, que je le sorte des mes entrailles trouées, enfin, que je l’étale sur les murs. La violence de mes peines iront rejoindre la paix et le pardon que tu apprends, l’amour oublié et l’amitié espérée. Je ne peux plus t’entendre, mais toujours, tu reviendras me chercher. Après chaque coup porté, tu t’immisceras tranquillement, innocemment, tu entreras par la porte grande, trop grande ouverte que je te présente et tu reprendras possession de mon corps. Trop facilement. Plus jamais de mon âme.
Je n’ai plus la force d’une résistance, mais je n’oublie pas ce qui me reste. Mon bonheur, mon petit bonheur.
11.9.08
Parler piano - Mon septembre
"L'Automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver."
Georges Sand
Karma noir
J'en ai plein les oreilles de ton absence, nos souvenirs ne se racontent pas - ils s'écoutent, ou alors non, ils ne s'écoutent plus, ne s'entendent pas non plus, mais ils sont paroles et mélodies, refrains et harmonies. Les chansons se suivent les unes et les autres, mais c'est ta voix qui me parvient, du bas de mes mémoires, tes accents graves qui crient une indifférence troublante.
Je guette le changement de couleur des feuilles, c'est la chlorophylle et le soleil, mais c'est aussi notre rupture, nos retrouvailles - il y a un an, déjà. Presque toute une année, mais tellement plus ont passé. Nos jours de sable et de poussière, nos nuits d'éclats et de verre.
Mon Automne sans toi.
Et Montréal me prend dans ses bras, et pourtant c'est toi qui ne m'y veux pas, alors je baisse les yeux à chaque coin de rue - et si jamais je t'y croisais, je ne saurais quoi en faire. Tu respires mon air, tu rigoles mes amis, tu grattes ma guitare, et puis moi? Moi, je peine à écrire mot, qu'en est-il d'Amour? Mais moi, ça ne compte pas. Les briseurs de coeur n'ont plus de pardon en poche, je rêve de m'endormir enfin consolée, et ne plus voir tes yeux et ta bouche et tes mains dans mon sommeil trouble.
C'est le noir du karma - je suis condamnée à imaginer ta musique, mais mes notes sonnent faux et pleurent en silence.
6.9.08
Je compte les étoiles
1.9.08
Septembre
C'est un monde nouveau. C'est bleu, blanc, jaune. Et noir. Une nouvelle saison, aussi. Je fais face seule, donc, une saison nouvelle. Rouge, orange et jaune. Sans accords, sans voix. C'est la marche automatique des matinaux, vers l'île peuplée d'amertume, la ville grise et blanche. C'est mon panorama multicolore et je brave le vent, à nouveau seule. Parmi des centaines de solitudes qui n'ont rien à y voir, mais qui repoussent le sentiment, ce sentiment d'appartenance. J'appartiens, dorénavant et malgré tout, à une entité - moi-même bleue, blanche et jaune. Je suis neuve et j'entre, malgré tout et dorénavant reconnue.
14.8.08
Hold on
L'automne, bientôt. L'été ne me traite pas comme l'automne me connaît.
Trêve.
R.