27.7.09

Aube

La brume au matin, qui m'accueuille et qui me réveille lentement, m'amène à l'aube chaude. Les parcelles de nuages, c'est une suite de légers soupirs et de délicieuses amours, elle ne peut saisir la magie du moment, jamais tout à fait - peu lui importe, d'ailleurs.
C'est impalpable mais réel, jamais d'aussi beau moment qu'avec l'aube.

13.5.09

Rubis

C'est le rouge qui coule le long de ma gorge. J'aurais envie de plaquer quelques accords mineurs sur les blanches et les noires du piano, retrouver cette mélancolie incontrôlée qui accompagnait mes déboires, seulement je ne joue plus.

Je ne sais plus le jour où elle m'a quittée, mais j'en rêve encore. De cette nuit où le couvercle s'est abaissé. Où les notes n'en finissaient plus de s'allonger dans l'ombre de la lune, et où les larmes semblaient bien muettes face à la musique. Les doigts faits d'os et de poussière. La tête en tonnerre et le coeur bien au-delà de la raison.

Les notes se sont envolées. Et puis la lune est devenue noire, et puis la lune est devenue blanche.

25.4.09

Poussière

Il a fallu que je m'arrête un instant pour reprendre mes plumes. Un long moment, et tout de même quelques secondes seulement.

Les pieds au même endroit, la tête beaucoup plus loin - sans trop savoir ce qui souffle en cette direction, je reprends les choses malgré tout. Aucune remise en question, l'amant heureux, certes, n'empêche... ce n'est rien, de près ou de loin, qui est précisé ou confus, rien vraiment.

Seulement le coeur en fête et la tête en relais.

22.4.09

Il fut un temps... je ne me souviens plus trop bien

Je viens d'ouvrir les yeux. Les siestes au soleil, le soleil d'automne, avec la brise fraîche et la laine sur les épaules - il a fallu que je rêve à toi.


J'ai senti ma poitrine venir se coller contre ton dos, chaud, solide, et j'y étais petite, froide. Tes mains qui sont venues se refermer sur moi, alors que mes lèvres trouvaient ton épaule, et ça y était. Si tu y avait été, tu aurais aperçu mon sourire parmi ta peau. Et je n'y vois aucun mal.

Quelques années... quelques années et pourtant, alors que ce matin, alors que ton torse s'est posé contre mon dos, il y a eu ce vent d'automne autour de nous, et le soleil, et les siestes de septembre qui ont éclairé mon regard un instant, un court vertige, puis tu m'as prise par la main et tu m'as souri.
Oui.


Malgré tout et bien malgré toi, j'ai envie de ces mains et de ces lèvres, le printemps parmi les couleurs, oui.

22.11.08

C'est la nuit

Mon amour,

T'es ma lune absente, et les nuages soufflent les doux flocons qui tomberont sur ta tête - je scrute le ciel froid à la recherche de la couleur de tes yeux. Ils ne sont pas là-haut, ni devant les miens, seulement ils le seront dans mes rêves fous, ceux de te retrouver à l'aube, ceux de te tenir contre mon corps qui refroidit.

Tu me manques.


Mon Nord, ma Flamme, mon Ennui.

Je t'aime à la folie.

14.9.08

La marche

Je n'imagine plus que les sentiers dérangés, bruns et jaunes, de ma saison sobre et tranquille, je ne vois plus qu'eux. Le blé roux de la prairie et les nuages gris de l'horizon. Ça me laisse un goût ocre sur la langue, et l'eau des étangs qui murmure encore - ma soif ne sera jamais conquise. Les grillons ne chantent alors plus, ne sont que la mort, mais pas plus que la vie ou la résurrection. Ce ne sont plus les anges qui hurlent alors que le soleil tache le ciel, ils ne hurlent pas, mais sifflent un air connu et reconnu. La douleur à l'aube du sommeil. La douleur. De ne plus deviner une présence, de perdre l'Automne et de ne plus pouvoir faire un pas pour le rattrapper, c'est que les feuilles s'envolent et s'envolent, et la douleur dans mon sommeil - jamais, jamais plus la même sous les chaudes couleurs de septembre.
Tant de fois j'aurai dit ces mots. Tant de fois en vain.
Mes sentiers dérangés.