13.5.09
Rubis
Je ne sais plus le jour où elle m'a quittée, mais j'en rêve encore. De cette nuit où le couvercle s'est abaissé. Où les notes n'en finissaient plus de s'allonger dans l'ombre de la lune, et où les larmes semblaient bien muettes face à la musique. Les doigts faits d'os et de poussière. La tête en tonnerre et le coeur bien au-delà de la raison.
Les notes se sont envolées. Et puis la lune est devenue noire, et puis la lune est devenue blanche.
25.4.09
Poussière
Les pieds au même endroit, la tête beaucoup plus loin - sans trop savoir ce qui souffle en cette direction, je reprends les choses malgré tout. Aucune remise en question, l'amant heureux, certes, n'empêche... ce n'est rien, de près ou de loin, qui est précisé ou confus, rien vraiment.
Seulement le coeur en fête et la tête en relais.
22.4.09
Il fut un temps... je ne me souviens plus trop bien
Je viens d'ouvrir les yeux. Les siestes au soleil, le soleil d'automne, avec la brise fraîche et la laine sur les épaules - il a fallu que je rêve à toi.
J'ai senti ma poitrine venir se coller contre ton dos, chaud, solide, et j'y étais petite, froide. Tes mains qui sont venues se refermer sur moi, alors que mes lèvres trouvaient ton épaule, et ça y était. Si tu y avait été, tu aurais aperçu mon sourire parmi ta peau. Et je n'y vois aucun mal.
Quelques années... quelques années et pourtant, alors que ce matin, alors que ton torse s'est posé contre mon dos, il y a eu ce vent d'automne autour de nous, et le soleil, et les siestes de septembre qui ont éclairé mon regard un instant, un court vertige, puis tu m'as prise par la main et tu m'as souri.
Oui.
Malgré tout et bien malgré toi, j'ai envie de ces mains et de ces lèvres, le printemps parmi les couleurs, oui.
22.11.08
C'est la nuit
T'es ma lune absente, et les nuages soufflent les doux flocons qui tomberont sur ta tête - je scrute le ciel froid à la recherche de la couleur de tes yeux. Ils ne sont pas là-haut, ni devant les miens, seulement ils le seront dans mes rêves fous, ceux de te retrouver à l'aube, ceux de te tenir contre mon corps qui refroidit.
Tu me manques.
Mon Nord, ma Flamme, mon Ennui.
Je t'aime à la folie.
14.9.08
La marche
13.9.08
Mon petit bonheur
Le bonheur, on l’a envoyé voir ailleurs.
Je joue avec mes orteils, je démêle mes cheveux, je frotte mes yeux. J’explore mon petit moi, mon petit trouble encore tout ensommeillé. Je baigne dans la brume ambiante, celle que je crée par mes mensonges, mes maladresses, mes illusions ; petite princesse abandonnée de plein gré. Je me vautre dans mes questions immenses, et je fais la moue, impatiente, mécontente de ne pas arriver à tirer la langue à tout mes méandres. Tourner le dos serait trop facile. Encore une fois.
C’est tellement plus beau de se saigner soi-même. Il faut parfois savoir se faire violence. Doucement. Sans étincelles. Je m’ouvre avec peine, je rigole de me sentir si déchirée, si vulnérable. Face à moi-même. À l’intérieur, tout à l’intérieur, la blessure profonde. J’ai les larmes sèches, j’ai les sanglots muets ; faut que je me sorte de là. Que je sorte de mes barricades, que je soulève les couvertures, si chaudes, si douces, que je mettes le pied enfin dehors. Enfin au grand air. Celui qui assomme, celui qui gèle, celui qui pardonne. Le grand vent froid du Nord.
Je me chiffonne, ça pèse, ça m’engourdit. Je cligne des yeux, les paupières lourdes et gonflées, la lumière crue contre les murs de mon château. Tout y éclate d’impureté, partout, des taches mensongères et des chimères barbouillées.
Rien de moi, si peu de toi. Plus rien, alors. De nous.
Les draps, plus jamais blancs, m’enveloppant, plus jamais sauve. Il faut je que le dise, il faut que je l’écrive, que je le sorte des mes entrailles trouées, enfin, que je l’étale sur les murs. La violence de mes peines iront rejoindre la paix et le pardon que tu apprends, l’amour oublié et l’amitié espérée. Je ne peux plus t’entendre, mais toujours, tu reviendras me chercher. Après chaque coup porté, tu t’immisceras tranquillement, innocemment, tu entreras par la porte grande, trop grande ouverte que je te présente et tu reprendras possession de mon corps. Trop facilement. Plus jamais de mon âme.
Je n’ai plus la force d’une résistance, mais je n’oublie pas ce qui me reste. Mon bonheur, mon petit bonheur.